Sarkozy en Afrique
Sarkozy s’est rendu en Afrique les 26 et 27 juillet. Il a ainsi suivi sa femme qui y était déjà. En effet, elle a rendu visite à Kadhafi pour l'affaire des infirmières bulgares. Que faisait-elle là-bas, dites-moi ?
Bref, donc à son tour, son mari vient la rejoindre. Le but de son voyage était de promouvoir le co-développement avec le continent.
Première étape : Dakar, au Sénégal. Puis, Libreville au Gabon.
Sarkozy, l'ami des africains, aux côtés de Wade
Le choix de ces deux pays n'est pas un hasard. Pourquoi le Sénégal ? Pourquoi le Gabon ?
La France entretient avec ces deux pays une relation forte. En tout cas, c'est ce qu'on laisse entendre avec fierté dans les médias. Et puis, militairement, la France y est toujours présente. Pour Wade, le président sénégalais, il s'agit d'une belle opportunité, pour redorer son image quelque peu salie par les dernières présidentielles et les législatives de ce mois dernier. Pour Bongo, le président gabonais, il s'agit pour lui aussi d'une aubaine, car dernièrement la justice française l'a « embêté » sur ses biens immobiliers en France. Sarkozy est son ami, il va donc réparer tout cela ! Et puis, il s'agit aussi d'un juste retour de son invitation à l'Elysée, en mai dernier !
A Dakar, Sarkozy s’est exprimé sur l'esclavage. Il a dit qu'il s'agissait d'un « crime contre l'homme, un crime contre l'humanité » et concernant la colonisation : « Ils ont cru qu'ils étaient la civilisation (…). Ils ont abîmé une sagesse ancestrale. (…). Le colonisateur a pris, s'est servi, il a exploité, il a pillé des ressources (…). Ils ont eu tort ».
Cependant, il a suivi par ces mots : « Ils se trompaient mais ils étaient sincères ».
Plein de compassion, il a continué : « Je suis venu vous dire que ta déchirure et ta souffrance sont les nôtres et donc les miennes. » (Pourquoi se permet-il de tutoyer les africains ?).
Pour finir par dire ceci : « L'Afrique a sa part de responsabilité dans son propre malheur : la colonisation n'est pas responsable des guerres sanglantes que se font les Africains entre eux, des génocides, des dictateurs, du fanatisme, de la corruption et de la prévarication. ».
Pour Sarkozy, le développement se fait au sein de l’identité africaine : « Le drame de l'Afrique, c'est que l'homme africain n'est pas assez entré dans l'Histoire (…). Jamais il ne s'élance vers l'avenir (…). Dans cet univers où la nature commande tout, l'homme reste immobile au milieu d'un ordre immuable où tout est écrit d'avance. (…). Il n'y a de place ni pour l'aventure humaine, ni pour l'idée de progrès. ».
Il évoqua aussi la jeunesse africaine, estimant que le continent a besoin de ses jeunes. « Jeunes d'Afrique, vous devez pouvoir acquérir hors d'Afrique la compétence et le savoir que vous ne trouvez pas chez vous (…). Vous devez aussi à la terre africaine de mettre à son service les talents que vous aurez développés. ». « Il faut revenir bâtir l'Afrique ».
Et le voilà parti sur son projet culte, sa politique d’immigration restrictive : « La France n'a pas à rougir de ce qu'elle fait (…), elle est un pays ouvert, généreux, qui aime l'Afrique, mais qui n'a pas l'intention de piller le Sénégal et qui ne peut accueillir tout le monde ».
Quelques mois plus tôt, Sarkozy disait vouloir rompre avec la Françafrique. Après sa visite au Sénégal, il rendit donc visite à Bongo, à Libreville. « Vous savez qu'en Afrique, l'ancienneté d'un chef d'Etat, ça compte, a-t-il confié. Pas un chef d'Etat africain n'aurait souhaité qu'on humilie le doyen. ». « Parler de pré-carré n'a aucun sens, ce n'est pas respectueux, a affirmé, agacé, M. Sarkozy, à un journaliste sénégalais. Nous avons en Afrique des amis parce que nous avons une histoire commune, et d'autres dont nous avons intérêt qu'ils se développent. (…) La France est amie de l'Afrique, de l'Afrique francophone d'abord, mais elle ne s'interdit pas d'avoir des amis ailleurs. ».
Pour son premier voyage en Afrique en tant que Président, Sarkozy joue encore une fois l'hypocrisie et le mépris typiques des chefs d'Etat français vis-à-vis du continent africain. Rupture ? Foutaise ! La françafrique a de beaux jours devant elle...