Ghana

Localisation : Afrique de l’ouest
Régime politique : république
Chef d’Etat actuel : John Kufuor
Capitale : Accra
Villes principales : Tema, Kumasi, Asamankese, Tamale, Bolgantanga
Langues principales : anglais, ewe, ga, sénoufo
Superficie : 240 000 km²
Nombre d’habitants : 19 734 000 ghanéens
Monnaie : cedi
A partir du milieu du XVIIème siècle, le commerce des esclaves est remplacé par le commerce de l’or et les hollandais et les britanniques se partagent la région du littoral (d’où le nom de Gold Coast – Côte de l’Or).
A l’intérieur du pays, de grands royaumes Akan et Ashanti sont présents mais au XIXème siècles, de nombreuses guerres opposent ces royaumes à la Grande Bretagne qui souhaite conquérir la région. La Grande Bretagne ressort victorieuse et domine seule le pays qui deviendra petit à petit sous son protectorat.
La traite négrière est abolie en 1807 et le pays se développe économiquement grâce aux ressources minières (or, diamants, bauxite) et au cacao.
En 1949, Kwame Nkrumah créé le Convention People’s Party (CPP) qui réclame l’autonomie immédiate.
En 1952, il devient Premier ministre d’un gouvernement auquel est accordé une autonomie toujours plus large.
En 1957, la Gold Coast devient indépendante et prend le nom de Ghana, dans le cadre du Commonwealth. En 1960, le Ghana adopte une Constitution républicaine. Nkrumah, devenu président de la République, oriente le régime dans un sens socialiste.
Mais en 1966, un coup d’Etat écarte Nkrumah du pouvoir et rétablit les relations avec l’Occident. Des gouvernements civils se succèdent.
En 1972, un nouveau coup d’Etat instaure le régime autoritaire du général Acheampong, qui sera renversé en 78. Après plusieurs coups d’Etat, le capitaine Jerry Rawlings prend le pouvoir en 1981.
En 83, un programme d’ajustement structurel est mis en place par le FMI.
En 1992, une nouvelle Constitution, approuvée par référendum instaure le multipartisme. Jerry Rawlings est de nouveau à la tête de l’Etat aux élections présidentielles. Il sera réélu en 1996.
En 2001, John Kufuor, leader de l’opposition, devient Président de la République.
Kwame Nkrumah
Né en 1909. Décédé en 1972. Il a été un leader important du panafricanisme (mouvement de libéralisation et d’unité du peuple noir aux Amériques, dans les métropoles coloniales et en Afrique. Les sénégalais, Senghor et Cheikh Anta Diop y contribuèrent aussi beaucoup à son développement.).
Il s’associa notamment aux combats des Africains aux USA et en Afrique du Sud contre l’apartheid. Il organisa le Congrès panafricain à Kumasi en 1953. Son activisme était tourné sur l’indépendance politique et économique de son pays.
L’indépendance du Ghana en 57 (premier Etat africain à être indépendant de l’empire colonialiste) a été le détonateur de « l’ouragan africain » (terme de Nkrumah) en accélérant l’émancipation du continent et prenant par surprise les puissances coloniales.
Peu de temps après, le Ghana organise à Accra la « Conférence des Etats africains indépendants » en avril 58, première manifestation concrète de l’unité continentale , et la « Conférence des Peuples africains » en décembre 58, une réunion à l’échelle continentale des dirigeants des partis nationalistes, politiques, sociaux et culturels.
S’ensuit une multiplication de réunions et de regroupements territoriaux (Fédération du Mali en 59-60, l’Union Ghana-Guinée en 59…). Puis l’OUA fut créée en 1963 à Addis Abeba, en Ethiopie, dont Nkrumah fut l’un des fondateurs.
Mais un coup d’Etat écarte Nkrumah du pouvoir. Parallèlement, le désir d’unité africaine perd de l’ampleur en raison notamment d’une division interne. Certains hommes politiques souhaitent rester sous tutelle des ex-empires coloniaux, ou l’assassinat de leaders panafricains tels que Lumumba par exemple.
Il est important de souligner qu’aujourd’hui, outre les couleurs panafricaines rouge, jaune et vert, figure l’étoile symbolique de l’UNIA de Marcus Garvey. Nkrumah nomma aussi plusieurs lieux du pays « Black star », faisant ainsi hommage à la compagnie maritime qui servit aux africains affranchis de retourner en Afrique.
Le Ghana et le FMI (d’après un reportage de la BBC)
Le pays vit une situation paradoxale : il regorge d’or mais croule sous les dettes.
Au début présenté comme meilleur élève du FMI, le Ghana est aujourd’hui classé dans les Pays Pauvres Très Endettés (PPTE).
Quelque chose ne tourne pas rond !
Si nous questionnons les ghanéens, ils répondront que les règles du FMI et de la Banque mondiale ne marchent pas. Questionnez les grandes puissances, elles diront que le pays ne suit pas les règles. Enfin, questionnez le FMI et la Banque mondiale, elles vous expliqueront que les règles sont bonnes mais que personne, pays riches et pays pauvres, ne les suit.
Mais pendant ce temps, les ghanéens sont obligés de payer l’eau potable, de payer l’accès aux toilettes, de payer aussi les médicaments et séjours dans les hôpitaux publics. En clair, payer l’échec des politiques internationales.
Pendant 20 ans, le Ghana a suivi à la lettre les conditions imposées par le FMI et la Banque mondiale pour bénéficier en retour de prêts : coupes drastiques dans les dépenses publiques, suppression des subventions de l’Etat, ouverture des marchés vers l’extérieur, services publics payants…
Résultat : le Ghana a abandonné la culture du riz qui fournissait nourriture et travail, au profit de celle du cacao et de l’exploitation de mines d’or. Celles-ci sont gérées par des compagnies étrangères qui en tirent d’énormes profits. Bien sûr, profits qui ne seront en parti jamais redistribués au pays. Pire, ces exploitations sont aussi dangereuses sur le plan de la santé puisqu’elles dégagent autour d’elles des poussières nocives.
Quant au riz, le pays l’impote des USA. Pays qui a l’agriculture la plus subventionnée du monde (20 milliards de $ par an).
On pourrait dire autant de choses sur les pays francophones. Mais j’attends impatiemment qu’un tel reportage puisse être diffusé sur une chaîne française sur l’une de nos anciennes colonies !
John Kufuor, invité par Georges Bush en octobre 2005