RIP Lucky Dube

Publié le par sista carol

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Cette mauvaise nouvelle est un coup de massue pour le reggae africain, le continent et ses fans.
Lucky Dube était un de ses chanteurs qui vivaient leur foi avec passion. Chacun de ses mots était une pierre lancée contre l'adversité, le mal. Un fidèle warrior qui nous a quitté mi-octobre, rattrapé par la violence des ghettos sud-africains.

Voici un texte que j'apprécie beaucoup :


L'Afrique du Sud pleure la disparition de Lucky Dube.

Né le 3 août 1964 dans le Transvaal, la star du reggae sud-africain, Lucky Philip Dube, a été lâchement assassinée, le soir du jeudi 18 octobre, lors d'une tentative de car-jacking. Pendant que la police sud-africaine s'efforce de rattraper trois suspects, les mélomanes du reggae sud-africains et ceux du monde entier n'arrivent pas à contenir leur émotion suite à cet assassinat perpétré dans des conditions très violentes. En effet, Lucky Dube a essuyé les tirs de malfaiteurs qui tentaient de lui voler sa voiture à Rosettenville, une banlieue de Johannesburg. Il est mort sur le coup.

Lucky Dube restera incontestablement l'un des musiciens les plus connus d'Afrique du Sud. Il a commencé sa carrière en se lançant, dès 1979, dans le « Mbaqanga », un style de musique zouloue traditionnelle. Cinq disques plus tard, alors qu'il avait déjà acquis une certaine notoriété, il a sorti son premier album de reggae, Rastas never die
. Même si ce disque n'a rencontré que peu de succès, Lucky a continué sur sa lancée avec Think about the children.

Moins confidentiel que le précédent, cet album sorti en 1985, met Lucky Dube sur l'orbite de la reconnaissance tant nationale qu'internationale. Au cours de sa carrière, il aura enregistré plus d'une vingtaine de disques, dont le fameux House of exile en 1991, et le dernier en 2006, Respect. Lucky Dube a effectué de nombreuses tournées en Afrique, en Europe et aux Etats-Unis, qui lui ont permis d'accroître son audience. On l'a par exemple vu sur scène avec Céline Dion, Sting ou Peter Gabriel.

Le président sud-africain, Thabo Mbeki, honorant la mémoire d'un artiste musicien de haute renommée, exceptionnel et réputé dans le monde entier, a présenté ses condoléances à sa famille. «Nous devons pleurer la mort d'un Sud-Africain exceptionnel et nous engager à agir ensemble pour combattre le fléau de la criminalité, qui a emporté tellement de vies, et continue de le faire chaque jour», a-t-il indiqué.

On se souvient encore de l'engagement et de la ferme détermination de Lucky dans la lutte contre l'apartheid, comme il l'avait d'ailleurs souligné il y'a quelques mois : «Nous avons essayé l'amour, l'unité, la camaraderie, mais ça ne semble pas beaucoup marcher pour nous. Il faut du respect, parce que c'est ce dont le monde a besoin maintenant.» Il a consacré beaucoup d'énergie à ce combat qu'il n'était pas près d'abandonner. La réalité sociale de son pays lui a malheureusement imposé une fin tragique.

En homme très ouvert, qui abordait courageusement et sans détours les défis que doivent relever les hommes, et partant des réalités vécues dans son propre pays, il a toujours cherché à prôner un mode de vie exemplaire : il ne s'adonnait ni à l'alcool ni à la drogue, dans une société où de plus en plus la violence est amplifiée par ces pratiques qui sont un véritable handicap pour le développement des pays africains. Il s'était exposé en s'engageant dans cette direction. Mais comme l'indique d'ailleurs le titre de son premier disque reggae Rasta never die, Lucky Dube n'est certainement pas mort, car les défenseurs de la justice et de l'équité poursuivront le combat mené par Lucky Dube et de bien d'autres qui ne sont plus de ce monde.

Jean-Dany Ebouélé


Rasta never die. La lutte continue. On ne l'oubliera pas.

Publié dans Afrique du Sud

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